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LA MELODIE DU CHANT D’UN OISEAU

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“L’évolution consiste à accueillir

la souffrance et l’émerveillement,

à se laisser modeler par l’expérience

de la pluie et du beau temps.”

Mark Nepo

.Certains jours, nous nous abandonnons à la mélodie du chant d’un oiseau et nous nous emplissons de la sereine musique de l’Univers. Mais tout a une fin : le chant s’évanouit et la journée commence. D’autres jours, les oiseaux semblent surgir de nulle part, de derrière un bâtiment ou de dessous d’un pont, et leur chant nous enveloppe d’une brume invisible qui nous rappelle que la vie ne s’arrête pas aux tâches que nous exécutons machinalement. Mais ils finissent par disparaître et emportent leur délicat remède. Quoi qu’il en soit, nous sommes régénérés et il nous reste alors à entreprendre l’oeuvre d’écoute, à garder en vie le chant venu de nul part dans ce que nous faisons, où que la vie nous emmène.


Souvent, la vérité nous apparaît comme le chant de ces oiseaux. Nous nous abandonnons à cette mélodie, mais tout a une fin et elle disparaît. D’autres jours, la vérité semble surgir de nulle part et nous rappelle qu’il est même rare d’être ici. Puis elle s’en retourne avec son remède salutaire et il nous reste alors à faire résonner le chant de la vérité dans nos journées.


C’est par notre conversation de chaque instant avec l’amour, l’émerveillement et la vérité, ainsi qu’avec la souffrance, la perte et les obstacles, que nous nous dilatons et nous contractons, et progressons ainsi vers l’essence de notre vie.

LE CHEMIN SE FAIT EN MARCHANT

 

Tout passe et tout demeure
Mais notre destin est de passer
De passer en traçant
Des chemins sur la mer

Voyageur, le chemin
C’est les traces de tes pas
C’est tout ; voyageur, il n’y a pas de chemin
Le chemin se fait en marchant

Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler

Voyageur! Il n’y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer

Antonio Machado y Ruiz

Capture_sillage mer

Sublime texte de Khalil Gibran

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

(tiré du recueil Le Prophète)

Khalil Gibran
Khalil Gibran

 

Sculpture

(sculpture de Gudmar Olovson)